Les Idées Larges

  • Lancement : Septembre 2021
  • Format : Série documentaire
  • Une série écrite et incarnée par Laura Raim et réalisée par David Tabourier et Jean-Baptiste Mihout
  • Produit par Upian – ARTE France avec le soutien du CNC
  • Un programme et maintenant ?

 

La série pour comprendre les idées qui transforment notre monde.

Nous vivons un monde que l’on a du mal à comprendre et à analyser, qui vibre très rapidement. Comment ralentir le rythme, prendre de la hauteur, ouvrir des perspectives enthousiasmantes ?
Il nous semble que l’on grandit lorsqu’on découvre des idées qui nous interpellent. Qui bousculent nos avis préconçus, qui dérangent notre confort ou qui nous ouvrent de nouveaux champs
Rendre les idées accessibles, digestes, sexy, amener de « la pensée », pour nous tous qui avons du mal à analyser le monde, c’est l’ambition des Idées larges.
Accompagnée de chercheuses et de chercheurs venus de disciplines variées, Laura Raim explore dans Les idées larges les grands sujets de société et les questionnements qui font débat dans le champ intellectuel. Laura Raim est journaliste. Elle a débuté sa carrière dans les rédactions de L’Express, L’Expansion et le Figaro. Aujourd’hui elle collabore régulièrement avec Le Monde diplomatique, elle écrit beaucoup sur l’économie et la vie des idées et mène des interviews pour Hors série, Arrêt sur image ou des podcasts pour Arte Radio.
Féminisme, écologie, immigration, inégalités sociales : Laura part de ses propres interrogations et de l’actualité pour questionner le monde des idées.

Regarder le présent autrement, en interrogeant des chercheurs, tout en mettant leur réflexion à la portée de tous.

Comment les théories naissent-elles ? Comment circulent-elles dans la société ? Historiens et historiennes, sociologues, anthropologues et philosophes aident Laura à dessiner la généalogie de ces idées.

Travaillons-nous tous gratuitement ? Et si on ne faisait pas son deuil ? Climat : qui a allumé le feu  ? Peut-on réellement changer de classe sociale ? Y a-t-il des « vrais » et des « faux » réfugiés  ?
Telles sont quelques-unes des questions passées au crible dans cette nouvelle collection documentaire qui entend relever un défi : rendre accessible la pensée d’intellectuels sans en sacrifier la nuance, la complexité et la profondeur.
Laura part de ses propres interrogations pour une exploration à la fois politique, sociétal et existentielle de notre monde avec des penseurs de différents horizons. À partir de sujets concrets, la discussion l’emmène parfois vers de grandes questions philosophiques. Mais en prenant les spectateurs par la main, avec sincérité et humour, pour qu’ils suivent aisément le fil de ses pensées et l’accompagnent dans ses quêtes personnelles.
Trois épisodes sont en ligne cette semaine, puis un épisode sera diffusé sur Arte.tv et la chaîne Youtube d’Arte tous les quinze jours.


Les Idées larges aujourd’hui c’est plus de huit millions de vidéos vues, une cinquantaine de chercheurs reconnus interviewés en 36 épisodes, dont trois enregistrés en public ! Dans ce programme diffusé sur YouTube et arte.tv, Laura Raim continue d’explorer les grands sujets de société et les questionnements qui font débat aujourd’hui. On vous propose de (re)découvrir la série par différentes portes d’entrée :

  • les préférés du public
  • les nouveaux épisodes
  • les épisodes enregistrés en public
  • les préférés de l’équipe

Les préférés du public

Peut-on vraiment quitter sa classe sociale ?

Invités : Chantal Jaquet (philosophe), Olivier Galland (sociologue)
Dans cet épisode, Laura cherche à comprendre les trajectoires de celles et ceux qui passent d’une classe sociale à l’autre. Comment interpréter ces parcours ? Est-ce avant tout une histoire de volonté, de mérite ou d’ambition ? La mobilité sociale est-elle nécessairement un progrès ? Pour décortiquer ces parcours, Laura fait appel à la philosophe Chantal Jaquet. Professeure à la Sorbonne, spécialiste de Spinoza, Chantal Jaquet a créé le concept de “transclasses” pour aborder les individus qui passent d’une classe sociale à l’autre.

 

Quelles sont les nouvelles règles du jeu sexuel ?

Invitée : Irène Théry (sociologue)
Depuis le mouvement Me Too, une question se pose : qu’est-ce qui a vraiment changé ? Cinq ans après la déflagration de 2017, au-delà de la prise de conscience, a-t-on assisté à une véritable révolution ? Les comportements des hommes et des femmes sont-ils réellement différents ? Ou bien les règles du jeu sont-elles fondamentalement restées les mêmes ?

 

Et si on arrêtait de prendre les gens pour des cons ?

Invité : Jacques Rancière (philosophe)
Quand les Britanniques ont voté pour le Brexit, ou quand les Américains ont voté pour Trump, on a beaucoup entendu qu’ils avaient mal voté, qu’ils s’étaient “fait avoir par les fake news”, et qu’ils étaient “ignorants”. Mais peut-on vraiment dire que tout le monde a la même capacité intellectuelle ? Quelles sont les implications politiques d’une telle affirmation ? Et si on arrêtait de prendre les gens pour des cons ?

 

L’inceste est-il vraiment un interdit ?

Invités : Maurice Godelier (anthropologue) et Dorothée Dussy (anthropologue), Anne-Emmanuelle Demartini (historienne)
Un Français sur dix affirme avoir été victime d’inceste durant son enfance. Pourtant, depuis Claude Lévi-Strauss, l’anthropologie définit l’inceste comme un interdit absolu. L’analyse de l’inceste comme interdit a-t-elle jeté un voile sur l’inceste comme pratique ? Laura fait appel à deux générations d’anthropologues : Maurice Godelier et Dorothée Dussy.

 

Suis-je mon cerveau ?

Invités : Albert Moukheiber (psychologue) et Hervé Mazurel (historien)
Depuis une trentaine d’années, c’est la grande mode du cerveau. On pourrait tout expliquer par les mécanismes cérébraux. Non seulement comment on voit et comment on parle, mais aussi comment on pense et comment on se trompe, et même pourquoi les gens mangent gras, sont paresseux, échouent à l’école ou votent à gauche. La connaissance du cerveau pourrait entraîner des progrès non seulement en médecine, mais dans l’éducation, les politiques publiques, le management, et l’amélioration de soi.

 

Peut-on grandir sans se trahir ?

Invitée : Susan Neiman (philosophe) et Cécile Van De Velde (sociologue)
Les jeunes années seraient les plus belles, les plus fortes. Quand on rencontre une vingtenaire on a envie de lui dire “profite”. Mais n’est-on pas, alors, en train d’impliquer qu’après, ça se dégrade, que la vie adulte est synonyme de sérieux, de désillusion et d’ennui ? Toute la difficulté est de savoir ce que grandir veut dire.

 

Les dernières sorties

Qu’est-ce que l’intelligence ?

Invité : James Bridle (artiste et chercheur)
On entend tous les jours dans l’actualité parler d’Intelligence artificielle. On nous explique comment elle nous induit en erreur avec des images deep fake, comment elle va nous remplacer au travail, ou comment elle va liquider l’espèce humaine.
Pour l’artiste et chercheur britannique James Bridle, si les avancées et les risques de l’informatique sont le plus souvent exagérés, cet emballement pourrait cependant être une porte d’entrée pour qu’enfin l’on s’intéresse aux innombrables autres formes d’intelligence non humaines. Les êtres humains ont-ils vraiment le monopole de l’intelligence ? Y a-t-il besoin d’avoir un cerveau pour être intelligent ? Qu’est-ce que l’intelligence ?

Est-ce que c’était mieux avant ?

Invité : Oliver Nachtwey (sociologue et économiste)
Oliver Nachtwey est un sociologue et économiste qui s’est interrogé sur les notions de progrès et de modernité dans son pays, l’Allemagne. Dans « La société du déclassement » (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2020), il montre que l’on est passé d’une société de l’ascension sociale à une société du déclassement. Il propose le concept de “modernité régressive” pour qualifier la période dans laquelle nous vivons. Idéalise-t-on à tort le passé ? Quels sont les effets politiques de ce déclin social ?

Et si on était payé à ne rien faire ?

Invité : Bernard Friot (économiste et sociologue)
Je me demande parfois ce que je ferais si j’étais rentière. Si j’avais de l’argent qui tombait tous les mois, quoi qu’il arrive. Est-ce que je travaillerais quand même, ne serait-ce que par besoin de reconnaissance sociale ? Ou est-ce que j’en profiterais pour faire tout autre chose ? Voyager, lire, boire des cafés en terrasse. Difficile de savoir… C’est assez vertigineux d’imaginer un monde où on serait libéré de la peur du chômage.
L’économiste et sociologue Bernard Friot travaille depuis des années sur une théorie du salaire à vie. Il défend l’idée d’un salaire inconditionnel qui permettrait de s’affranchir du chantage à l’emploi. Je me souviens de la claque que ça a été la toute première fois que j’ai rencontré ses travaux. C’était dans son livre “Émanciper le travail” (La Dispute, 2014).. Son salaire à vie se veut très différent dans sa philosophie du revenu universel, qui lui ressemble a priori. Quelle différence entre le revenu universel et le salaire à vie, les gens continueraient-ils à travailler s’ils n’y étaient pas obligés ? Et si on était payé à ne rien faire ?

 

Les épisodes enregistrés en public

Quelles sont les nouvelles règles du jeu sexuel ?

Invitée : Irène Théry (sociologue)
Depuis le mouvement Me Too, une question se pose : qu’est-ce qui a vraiment changé ? Cinq ans après la déflagration de 2017, au-delà de la prise de conscience, a-t-on assisté à une véritable révolution ? Les comportements des hommes et des femmes sont-ils réellement différents ? Ou bien les règles du jeu sont-elles fondamentalement restées les mêmes ?

La Sécurité sociale a-t-elle besoin d’être sauvée ?

Invité : Nicolas Da Silva (économiste)
Pour l’économiste de la santé Nicolas Da Silva, la Sécurité sociale est en excellente santé financière, et la plus grande menace à laquelle elle fait face n’est pas seulement la liquidation ou la privatisation, mais aussi l’étatisation. Étatisation qui est déjà en cours. Quand et pourquoi ce processus a-t-il commencé ? Quelle est la différence entre le « public » et « l’étatique » ?

D’où vient la violence ?

Invitée : Marylène Patou-Mathis (préhistorienne)
Si nos ancêtres ont toujours été guerriers, ça veut dire que l’homme est naturellement violent et qu’il serait illusoire d’espérer le changer. Marylène Patou-Mathis est préhistorienne, spécialiste des Néandertaliens. Pour elle, au contraire, la violence n’est pas une fatalité. Qu’est-ce que l’archéologie et la préhistoire peuvent nous apprendre sur la nature humaine ? Depuis quand faisons-nous la guerre ?

 

Les préférés de l’équipe

Être pauvre, est-ce manquer d’argent ?

Invités : Daniel Zamora (sociologue à l’Université Libre de Bruxelles) et Daniel Hirschman (sociologue à Brown University)
En France, une personne est considérée comme pauvre si ses revenus sont inférieurs à 1 063 euros par mois. Mais est-ce vraiment une définition satisfaisante ? La question a toute son importance, puisque la manière dont on définit un problème va déterminer le genre de politiques que l’on mettra en face pour le résoudre.
Vaut-il mieux avoir des services publics ou du cash ? Des droits sociaux ou du pouvoir d’achat ? Être pauvre est-ce vraiment manquer d’argent ?

Et si on arrêtait le progrès ?

Invités : François Jarrige (historien) et Emmanuel Umpala (directeur de l’Observatoire africain des ressources naturelles)
Pourquoi les nouvelles techniques, à l’instar de la 5G, sont-elles souvent contestées ? Le progrès est-il toujours désirable, quelles que soient ses implications sociales, ou environnementales ? François Jarrige, historien des sciences à l’Université de Bourgogne, explique que les innovations techniques ont souvent rencontré des oppositions et qu’aucune n’est inéluctable. Il critique notamment l’idéologie “technosolutionniste”, selon laquelle l’innovation technologique pourrait résoudre tous les problèmes écologiques, sociaux, culturels et politiques.

Et si on ne faisait pas son deuil ?

Invitées : Vinciane Despret (philosophe) et Laurie Laufer (psychanalyste)
Dans quelle mesure la pandémie a-t-elle perturbé le processus de deuil et qu’est-ce que cela implique ? Dans cet épisode, Laura s’intéresse au rapport que nous entretenons avec nos morts. Elle échange avec Vinciane Despret, qui s’est penchée dans son livre Au Bonheur des morts, récit de ceux qui restent sur les relations que les vivants continuent à entretenir avec ceux qui ne sont plus. Ensemble, elles interrogent l’injonction à faire son deuil et dressent une brève histoire du deuil.

Et si on travaillait tous et toutes gratuitement ?

Invitée : Maud Simonet (sociologue)
Dans cet épisode, Laura explore la notion de «travail gratuit » avec Maud Simonet, spécialiste du bénévolat et directrice de recherches au CNRS. À qui profite le travail gratuit ? À partir des travaux féministes sur le travail domestique, Maud Simonet dessine les contours d’une notion difficile à cerner car elle touche à nos valeurs et à nos convictions profondes. Ses travaux peuvent déranger : il est difficile d’entendre que ce que l’on vit comme l’expression d’un engagement citoyen ou un élan de solidarité peut être assimilé à du travail gratuit, voire à de l’exploitation…

L’identité menace-t-elle le collectif ?

Invitées : Nadia Yala Kisukidi (philosophe) et Sophie Wahnich (historienne)
Dans cet épisode, Laura s’interroge sur l’articulation entre universalisme et identité. Ces deux notions sont-elles inconciliables ? Comment penser le commun au-delà des différences de race et de sexe ? Comment préserver l’unité de la République face à la mise en avant d’identités singulières ? L’idéal universaliste tel qu’il s’est cristallisé en 1789 est-il en danger ? Pour répondre à ces questions qui animent le débat public, Laura Raim fait appel à la philosophe Yala Kisukidi, maîtresse de conférences à l’université Paris-VIII.

Pourquoi déteste-t-on la chasse ?

Invité: Charles Stépanoff (anthropologue)
Alors qu’il n’y a plus besoin de chasser pour se nourrir, pourquoi cette pratique subsiste-t-elle ? Pourquoi le fait d’aller tuer un cerf dans la forêt heurte-t-il plus que les milliers de vaches abattues chaque jour ? Pourquoi certaines mises à mort émeuvent-elles plus que d’autres ?

Faut-il libérer les animaux domestiques ?

Invités : Valérie Chansigaud (historienne) et Fahim Amir (philosophe)
Quand on voit les vidéos où un chien retrouve son maître après des années de séparation, on ne peut pas douter de la puissance de l’amour qui peut unir un être humain et un animal domestique. Mais si cet amour existe, il ne représente en fait qu’une petite facette de l’Histoire de la domestication animale, une Histoire qui s’avère être d’une grande violence.

Pourquoi a-t-on besoin de jeter ?

Invités : Jeanne Guien (philosophe) et Baptiste Monsaingeon (sociologue)
Les milliers de tonnes d’ordures jonchant les trottoirs depuis la grève des éboueurs ont mis en lumière la quantité spectaculaire de détritus que nous rejetons chaque jour. Ces monceaux d’immondices qui s’obstinent à grossir de jour en jour sous nos yeux nous obligent à regarder en face la contrepartie habituellement invisible de nos modes de consommation.

Qui a inventé la nature ?

Invités : Philippe Descola (philosophe), Charlotte Brives (anthropologue)
Depuis quelque temps, dans les articles et les livres que l’on peut lire sur l’écologie, on ne parle plus de la “nature” mais du “vivant”. On doit en partie ce changement de vocabulaire aux travaux du grand anthropologue Philippe Descola. Médaille d’or du CNRS et professeur au Collège de France, il est spécialiste des rapports entre les humains et les non-humains. Dans son livre Par-delà nature et culture, il a montré que “la nature” en tant que monde séparé des êtres humains, n’existe pas, du moins pas pour tout le monde.

Peut-on tout traduire ?

Invité : Souleymane Bachir Diagne (philosophe)
Dans le récit biblique de Babel, les premiers êtres humains parlaient une seule langue, la langue Adamique – celle d’Adam et Eve. Mais ils ont fait preuve de vanité en construisant une tour géante qui atteignait le ciel. En guise de punition, Dieu a détruit la tour et surtout, il a instauré la multiplicité des langues afin de semer la confusion entre eux, confusion qui se dit “Babel” en hébreu. Depuis, pour se comprendre, il faut traduire. Comment la traduction reflète-t-elle les rapports d’inégalité qui existent entre les langues ? Peut-elle être un acte de trahison ou d’appropriation ? Peut-on tout traduire ?